LIL WAYNE

Weezy F. Baby, et le F c’est pour Fénoménal. Falafel. Formidable. Evidemment, si on parle de liens de parenté, Wayne a encore plus d’enfants indirects que des rappeurs plus contemporains comme Thug ou Keef. Son influence est bien plus profonde, étant donné qu’il rappe depuis maintenant 22 ans, depuis ses débuts avec les Garçons Chauds de la Nouvelle-Orléans. Le nombre de rappeurs qui le citent comme leur idole ou une de leurs principales influences est littéralement incalculable.

Il a lancé bon nombre de tendances, qu’il sera ici inutile de repréciser. Je voudrais simplement appuyer sur une en particulière: sa productivité effrénée, notamment entre 2005 et 2009, et son prodigieux run, entre albums loués par la critique et commercialement monstrueux, et ses nombreuses mixtapes où il dévorait les prods d’autres rappeurs, se les appropriant totalement. Au même moment, un autre studio junkie, Gucci Mane, exerçait le même genre de pression en rafalant mixtape sur mixtape. A eux deux, ils ont redéfini la manière de sortir de la musique pour les rappeurs. Ils ont totalement fait fi du rythme habituel, selon lequel un artiste devait prendre généralement 1 ou 2 ans pour produire et sortir un projet. Ils vivaient en studio, enregistraient toute la sainte journée, et dès que la musique était prête, elle était libérée. Des précurseurs. Ils ont donc inspiré ceux qui ont suivi, notamment les petits jeunes, à eux aussi repenser la façon dont ils enregistraient.

Lorsqu’un artiste est si prolifique, forcément, les morceaux s’entassent sur les disques durs. Et si l’artiste en question est quelqu’un avec une grosse hype, forcément, une certaine convoitise envers ces morceaux se matérialise. Si c’est l’épisode des Bleaks de Thug qui a réellement lancé le phénomène des leaks récurrents, c’est celui du leak prématuré des sessions de Tha Carter III qui le premier lui a donné vie. Bien sûr, on se souvient aussi du leak d’I Am de Nas en 1998, mais c’était juste avant l’époque internet. Car aujourd’hui, les leaks surviennent sur internet. Entre larcin de fichiers mp3 et trading, jusqu’à l’upload sur un hébergeur, sans internet, ces fuites seraient beaucoup moins communes et se répandraient surtout beaucoup moins facilement.

Puisqu’une fois n’est pas coutume, depuis le leak des sessions de Carter III, Wayne a également vu les sessions de Velvet, un album qui a maintenant été mis de côté, fuiter dans les internet rues. Ce Velvet avait initialement été annoncé par Mack Maine en 2017, qui avait indiqué qu’il devait voir le jour après Tha Carter V. Fast forward to 2018 et ces sessions fuitent sur internet. Enfin, à propos de Carter V, cette jadis arlésienne du rap qui a finalement vu le jour en septembre 2018. L’album, annoncé pour la première fois en 2013, a mis 5 ans à être sorti, pour des raisons légales provenant des tensions entre Birdman et Wayne. De fait, en 5 ans, plusieurs versions de l’album et des dizaines de morceaux ont été produits. Eh bien, pendant l’été 2019, les sessions originales de Carter V ont elles aussi fuité sur internet.

La compilation ci-dessous reprend donc d’une part les sessions de Carter III, ainsi que celles de Velvet, et enfin celles de Carter V. J’ai également ajouté la douzaine de « Lost Grails » qui a été décoffrée tout début janvier 2020, qui consiste principalement en des chutes de studio des sessions IANAHB 2, donc cira 2013. Pour votre bon plaisir.

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