LANA DEL REY

Voici la discographie unreleased de Lana Del Rey. Vous y trouverez:

  • Son album Sirens, sous le nom de May Jailer, sorti en 2006.
  • La compilation THE LIZZY GRANT COLLECTION, reprenant tous les morceaux qu’elle a enregistré sous ce pseudonyme, ayant fuité et n’appartenant à aucun projet.
  • Son album sous le nom de Lizzy Grant, sorti en 2010.
  • La compilation THE NEXT BEST AMERICAN SINGER, qui reprend l’intégralité des morceaux ayant fuité tout au long de sa carrière sous le nom de Lana Del Rey et n’appartenant à aucun projet. Chaque disque représente une année, de 2008 à 2017.
  • Un dossier BEST OF reprenant les 30 meilleurs morceaux (bien évidemment, selon moi) de la compilation unreleased.

DRAKE

La plus grande star de la planète? Peut-être. Le meilleur polymorphe/vampire de sa génération? Sans aucun doute. Au cours de ses 12 ans de carrière, notre brave Aubrey a toujours réussi le tour de force de se réinventer (=sauter sur les vagues d’artistes émergents ou emprunter à des courants musicaux en vogue) pour rester relevant et au top. On peut lui donner ça. C’est un artiste malin et calculateur qui est entouré d’une équipe très compétente. Qu’il se fût agi de l’afrobeat sur More Life et Views, de Tuesday avec Makkonen, de la trap avec Blocboy JB, de la renaissance de Soulja Boy avec We Made It, de la copie conforme de ChaCha de DRAM sur Hotline Bling, ou encore récemment avec l’UK Drill, il est toujours à l’affût des tendances.

Son plus grand accomplissement est et restera d’avoir réussi à prendre le relais de Lil Wayne en tant que rappeur tout en haut de la pyramide commerciale, et cela ne semble pas (encore) prêt de changer. Assurément, Kendrick ou encore Cole le talonnent de plus ou moins près, mais son potentiel meme-able lui donne un avantage comparatif à ne pas négliger non plus. Combien de photos de Drake ont été tournées en dérision sur Twitter, comme les 2 fameux screenshots du clip de Hotline Bling? Chacune de ses « rares » apparitions sur un morceau semblent avoir le pouvoir de lancer ou relancer une carrière. Dernièrement, c’est aussi grâce à lui si Life Is Good de ce très cher Future fait un tel carton.

Qui sait de quoi son prochain projet sera fait? On peut raisonnablement s’attendre à une prod de 808 Melo ou d’AXL Beats, mais aussi à des morceaux beaucoup plus conventionnels dans le style des Chicago Freestyle et When to Say When, ses deux derniers loosies en date. Qui sont soit dit en passant vraiment très bons. Car à mon sens c’est vraiment dans ce créneau-là qu’il brille le plus, tout comme sur des 5am in Toronto. Une chose est certaine, c’est inexorable, il se débrouillera pour obtenir un énième n°1 au Billboard. On pourra conjecturer tant qu’on le voudra, mais tout ce qu’on peut espérer c’est un album plus inspiré et simplement meilleur que Scorpion, qui a placé la barre encore plus bas que Views. Peut-être qu’avec son récent link-up avec Benny the Butcher, il se dirigera vers une approche plus centrée sur le rapping?

Pour patienter, voici YOUNG GARNIER FRUCTIS AKA THE KITTEN WHISPERER, l’ensemble des morceaux unreleased d’Aubrey, auxquels j’ai ajouté les loosies qu’il a pu balancer ces dernières années et n’ayant pas de toit sur les services de streaming. A propos du titre de cette compilation, c’est un hommage à l’illustre Big Ghost, blogger de légende, qui entre autres faits d’armes de cette époque déchue, avait chroniqué Take Care. Et dans cette chronique, il l’avait affublé d’un paquet de sobriquets, dont ces deux-ci. La voici pour ceux qui ne connaîtraient pas, un grand moment d’internet.

KANYE WEST

Honnêtement, je sais plus vraiment comment parler de ce type. Il est probablement l’artiste le plus polarisant de la décennie, tous genres confondus, là ou la décennie précédente il était plus ou moins simplement le meilleur. C’est un véritable cas d’école. En termes de psychologie, en termes de perception sociale, en termes d’évolution musicale aussi.

Dans une ère de l’information où tout finit par se savoir, où tout le monde peut s’exprimer, se rassembler, protester, et diffuser des concepts nouveaux, les lignes se brouillent. Tout le monde peut être surveillé et monitoré. Chacun des faits, gestes et paroles des figures publiques (et privées pour ce que ça vaut) sont épiés, analysés, et jugés. Les hommes politiques, par exemple, sont particulièrement sur la sellette. Et à raison. Dès que l’un d’eux commence à se faire connaître, se présente à une élection ou obtient une place importante au sein d’un quelconque organisme d’Etat, son passé est passé au crible. De la même manière pour les musiciens: lorsqu’un artiste perce, on va creuser sur son fil Twitter, son blog, son Instagram et compagnie, pour voir s’il n’avait pas de propos ou de comportements problématiques. C’est en partie lié à la fameuse cancel culture. Ce qui nous amène à la distinction entre l’être humain, et le professionnel.

La question inévitable: doit-on les séparer? Lorsqu’il s’agit d’un homme politique, à l’image de Donald Trump, la plupart des gens dotés d’un cerveau fonctionnel comprennent que l’humain comme le professionnel sont des fils de pute. Quand on parle de R. Kelly, l’opinion publique s’est accordée sur le fait que même si sa musique a bercé bon nombre de personnes, l’humain est un horrible monstre qui mérite son incarcération. Quant au cas de Roman Polanski, qui à l’heure où j’écris ces lignes est en pleine non-campagne médiatique pour son nouveau film J’Accuse, visiblement, c’est plus délicat. On se retrouve avec des Morano et des Finkielkraut qui éructent des logorrhées abominables dans les médias pour tenter de défendre l’homme. De l’autre côté, sur Twitter, les avis sont clairs: mort aux pédophiles (et aux porcs, mais on s’égare), on va pas voir son putain de film. Il m’est récemment arrivé de parler du film avec une amie, qui m’a affirmé qu’elle n’avait pas de mal à séparer Polanski le sodomisateur de jeunes enfants et Polanski le réalisateur de génie. C’est un sujet qui divise. Qui pousse les gens à vraiment explorer leur propre perception des autres, de ce qui est acceptable ou pas, et de leur capacité à compartimenter.

Plus avant. Prenons le cas d’XXXTentacion. Personnellement, j’ai dès le départ été charmé par sa musique, lorsque mes amis et moi l’avons découvert fin 2014. Mais déjà, à l’époque, son caractère abrasif et impulsif nous faisait nous intriguer. Lorsque l’affaire de violence domestique a éclaté et que ses troubles judiciaires se sont intensifiés, nous en avons longuement débattu. Nous en sommes arrivés à un curieux status quo: on allait continuer à écouter ses oeuvres précédentes comme ses oeuvres futures, mais on s’accordait tous sur le fait que c’était un enculé de première qui tabassait les femmes. Maiiiiiiis d’un autre côté on savait aussi que toute l’histoire n’était pas claire et qu’il y avait peut-être aussi des éléments du côté de la victime qui étaient faux ou exagérés. Donc on était vraiment dans les choux. Durant l’année avant son assassinat, on a tous vu que le petit était sur son chemin de croix, qu’il essayait de se repentir pour ses actes passés, qu’il faisait des actes de charité en veux-tu en voilà, qu’il tentait d’adoucir les moeurs de ses fans les plus déprimés. Est-ce suffisant?

Le but ici n’est pas de tenter de répondre à ce genre de question. Le but est plutôt d’explorer notre seuil de tolérance. À quel moment se dit-on: non, là vraiment, ce gars-là, j’adore ce qu’il fait, mais là c’est stop. Evidemment, nos différents seuils de tolérances sont définis par des choses comme nos socialisations primaires et secondaires, nos valeurs et principes, etc. Donc tout le monde ne va pas pouvoir encaisser les mêmes choses de la même manière. Eh bien pour le cas de Kanye West, la situation est un melting pot des différents exemples que j’ai énoncé plus haut. Il est l’un des artistes rap comptant le plus de classiques à sa ceinture. Il est l’artiste noir qui a ouvertement défendu et supporté Donald Trump en portant une casquette MAGA. Il est l’artiste qui a redéfini les codes du rap à plusieurs reprises. Il est l’artiste qui a une fois rappé qu’il voudrait bien baiser ses belles-soeurs. Il est l’artiste rap qui a défoncé les portes du monde de la mode et a réussi à s’y faire une place, chez Louis Vuitton, Nike ou Adidas. Il est la personne publique noire qui a une fois dit que ces 400 années de calvaire que furent l’esclavage étaient un choix. Il est l’un des plus grands producteurs de tous les temps, qui a donné un souffle nouveau à Roc-a-Fella, et a (re)lancé la carrière d’une multitude d’artistes désormais très grands. Il est un des artistes qui a défendu Bill Cosby lorsque celui-ci était accusé de multiples viols.

Après le game-changer que fut YEEZUS, la carrière de Kanye West a très clairement décliné. Il est peu à peu devenu un zélote chrétien, parallèlement bien sûr à son endorsement de Donald Trump, et est devenu fasciné par le gospel. Il a eu de gros troubles mentaux qui ont donné vie au pire album de sa carrière, YE. Et maintenant, il a amorcé le plus gros rebranding de sa carrière, avec ses Sunday Services, et affiche désormais sa foi inébranlable en Dieu, tout en imposant des règles absolument délirantes à sa femme et ses enfants. Le point culminant? Jesus Is King, son dernier album en date. Qui arrive après plusieurs annonces d’albums (Yandhi, Turbo Grafx16, etc…) dont certaines sessions ont fuité sur le web tout au long de l’année 2019.

THE MAGA YE COLLECTION vise donc à reprendre toutes ces fuites dans une compilation évolutive. J’ai également pris la liberté d’ajouter en plus l’intégralité des versions originales et démos de l’artiste ayant fait surface depuis 2009, dans une compilation séparée, sobrement et perspicacement intitulée Unreleased Demos. Enfin, tant qu’à faire, vous trouverez également un 3ème dossier qui lui, reprend tous les morceaux sortis durant les légendaires GOOD Fridays ayant mené à la sortie de My Beautiful Dark Twisted Fantasy pour votre bon plaisir.

MAC MILLER

Que dire? Le jour où Malcolm est mort de son overdose à la cocaïne et au fentanyl, j’ai pleuré, beaucoup, comme beaucoup d’autres fans à travers le monde. Mac a fait ses débuts dans le rap au moment où moi-même je commençais à vraiment plonger dans le genre et écouter tout ce qui bouillonnait aux Etats-Unis. Les Curren$y, Big KRIT, Kendrick Lamar, Dom Kennedy et compagnie. Si parmi ses premières sorties, seuls quelques morceaux m’avaient charmé, c’est après la sortie de Blue Slide Park qu’il a commencé à entamer une transformation artistique (et humaine, il est capital de l’ajouter) en temps réel. Une transformation qui amènera avec elle certes énormément de projets de qualités, mais également des problèmes personnels importants qui auront finalement raison de lui.

Macadelic fut le premier projet de Mac qui me toucha vraiment. C’est une mixtape qui est désormais culte, et qui marque le début de sa transition artistique. Malgré le succès commercial relatif de Blue Slide Park, les critiques envers l’album avaient été assassines, et il s’était énormément remis en question. Ce projet était l’aboutissement de cette remise en question. Ensuite, il est parti sur un enchaînement formidable, allant toujours plus loin dans ses expérimentations, devenant au passage un musicien hors-pair et se nouant des liens d’amitié avec des talents comme Thundercat, Vince Staples ou Flying Lotus. Il s’essaya au jazz, se mit à produire, se créa un alter-ego.

Entre 2012 et 2018, il sortit pas moins de 12 projets, le dernier en date étant le fabuleux Swimming, qui laissait entrevoir une lumière au bout du tunnel pour un artiste torturé par ses démons et essayant de devenir meilleur, tout en combattant une addiction aux drogues dures. Mais il n’eut pas le temps de voir son combat porter ses fruits, puisque le 7 septembre 2018, il trouva la mort chez lui, d’une overdose de cocaïne coupée au fentanyl.

Après ce tragique évènement, le monde du hip hop, qui était déjà endeuillé par la mort de Lil Peep, dans des circonstances similaires, fut secoué à une encore plus grande échelle. L’une des icônes du rap des années 2010 nous avait quitté, après avoir laissé un héritage énorme, et avoir touché tant de coeurs à travers le monde.

Plutôt que de voir cette compilation comme des morceaux volés de manière éhontée, je la considère comme un humble hommage à un artiste que j’aimerai toujours de tout mon coeur, à qui je m’identifierai toujours, et qui m’a plus d’une fois aidé dans des mauvaises passes de ma vie.

Voici donc The Malcolm McCormick Chronicles, une compilation de morceaux unreleased de Mac Miller.

YOUNG THUG

A-t-on encore besoin d’introduire la putain de chèvre de ce satané rap jeu des Amériques, Jeffery Lamar Williams? Le rappeur le plus inventif, imprévisible et influent des années 2010? C’est une question rhétorique évidemment. Outre ses innombrables qualités et sa discographie officielle extensive et édifiante, sa carrière a très vite été entachée par un leak énorme, en 2015, à l’époque de Rich Gang, d’une soixantaine de morceaux. Un phénomène assez inédit à l’époque en termes de quantité, qui a depuis quelque peu gangrené ses sorties. A ce jour, d’après mes humbles archives, on peut estimer à une vache près le nombre de morceaux de Young Thug leakés à entre 800 et 1000. Soit plus du double de sa discographie officielle. Aucun autre artiste n’a été autant impacté par le phénomène que lui, et on peut dire que d’un sens, il fut aussi précurseur dans ce domaine. La convoitise à l’égard de ses morceaux est née de 2 choses: la première, sa productivité inouïe. L’homme est capable d’enregistrer 15 morceaux en une journée, une capacité qu’il tient de ce vrai Gucci Mane. La seconde, c’est sa fâcheuse tendance à publier de nombreux snippets de ses morceaux encore coffrés sur les réseaux sociaux, ce qui n’échappe pas à ses avides fans, qui les collectionnent, les écoutent en boucle, et finissent par vouloir à tout prix que tel ou tel morceau sorte, même s’il doit pour cela leaker.

Aujourd’hui, les leaks d’artistes de rap sont monnaie courante, et se monnaient d’ailleurs très souvent. De sombres olibrius mettent la main sur un disque dur contenant des morceaux finis ou pas d’untel artiste, puis les vendent, le plus souvent à des fans se regroupant en groupbuy, et les morceaux finissent par faire surface dans les internet rues.

Ici, vous trouverez donc la plupart des leaks de Young Thug regroupés par année de leak (je précise), taggés proprement et donc iTunes ready.

CHIEF KEEF: OG BANG 3

La série des BANG de Chief Keef est désormais culte, et Bang 3 n’y fait pas exception, sauf que cet album a eu une gestation particulièrement difficile. Entre 2013 et 2014, Keef, encore signé sur Interscope a enregistré une première version de BANG 3, cette version originale qui vous est présentée ici présent. Cependant, il se fit virer du label en octobre 2014, ce qui bouleversa tout son agenda de sorties prévues: Bang 3 donc, mais également Mansion Musick et Thot Breaker, censés sortir respectivement en novembre 2014 et en février 2015.

Bang 3 fut donc mis en standby pendant que Keef continuait de sortir des projets, notamment Back from the Dead 2 et Sorry 4 the Weight. En mai 2015, il signa sur le label FilmOn d’Alki David, et décida de complètement refondre le projet, pour en faire un double disque, ne gardant que Superheroes avec A$AP Rocky, et Irri avec Lil B de la tracklist originale.

La tracklist de cet OG est celle que Keef avait postée sur Instagram en juillet 2014.

G HERBO

G Herbo fka Lil Herb, légende de la drill, qui a fait ses débuts avec son pote Lil Bibby, qui avait la voix d’un daron de 45 ans qui fume 3 paquets de gitane maïs par jour dès 17 ans. D’ailleurs ce dernier a abandonné sa carrière de rappeur pour monter son propre label, Grade A Productions, et a joué un rôle dans le lancement de la carrière de Juice WRLD, et compte à ce jour sur son label les artistes Clever et The Kid Laroi, pour les intéressés. Voici une itw où il en cause en détail.

Cette compile est composée en premier lieu de l’EP G Swervo, qui fut brièvement uploadé sur les plateformes courant janvier 2019 mais qui allez savoir pourquoi n’est plus dispo que sur Spotify. Et en second lieu du coup la compile en elle-même découpée en 2 disques: 2018 et 2019, car ce sont au cours des 2 dernières années que la quasi totalité des leaks concernant notre homme sont survenus. Flingues en l’air.

KODAK BLACK

Une news est tombée annonçant que notre brave Bill Kapri (c’est désormais son nom officiel, il s’appelait auparavant Dieuson Octave) devrait être libérable fin 2022. On peut se dire que ça aurait pu être pire et qu’il aurait pu prendre le double. Mais on peut aussi se demander combien de temps ça va lui prendre pour y retourner. En tant que fan ça nous tracasse déjà pas mal car on adore l’artiste, alors imaginez un peu ses proches. 

Récemment, le compte Instagram de Kodak a posté à plusieurs reprises à propos de ses conditions d’emprisonnement simplement inhumaines et totalement injustes. L’occasion de rappeler que l’enfer carcéral est une réalité pour tous les prisonniers et que Kodak n’y échappe pas. Bien au contraire: c’est encore pire pour lui, parce que le système déteste tout ce qu’il représente et lui rappelle constamment par ce genre de pratiques barbares. Certes il est à l’ombre pour une bonne raison, mais le traiter dans ces conditions est tout simplement aberrant. Et vous savez le pire? Ce n’est rien à côté de la situation de Drakeo the Ruler. Drakeo est un rappeur de la West Coast, et fait partie du collectif Stinc Team avec nul autre que le déjà légendaire 03 Greedo, lui aussi injustement derrière les barreaux depuis le début de l’année 2019 pour 20 ans, bien qu’il soit éligible pour la liberté conditionnelle au bout de 5 ans. Mais Drakeo et Greedo partagent bien plus que les traits mentionnés précédemment: ils sont aussi 2 des meilleurs rappeurs qu’a vu émerger la côte ouest ces 10 dernières années. Des prodiges techniques comme on en voit rarement.

La situation judiciaire de Drakeo est scandaleuse. En 2018, il a été inculpé de meurtre, tentative de meurtre, et plusieurs accusations de crime de conspiration de meurtre, tout comme son frère Ralfy the Plug. Le reste de la Stinc Team a aussi été arrêté pour diverses accusations souvent très graves. Selon la police de LA, Drakeo et ses amis auraient voulu tuer RJ, un autre rappeur de la cité des anges, en 2016. Ce qu’il s’est réellement passé, c’est que ce fameux soir de 2016, il y a effectivement eu un meurtre: celui de Davion Gregory, un membre de gang, mais ce n’est pas Drakeo qui a tiré, c’est Mikell Buchanan, un homme qui était avec Drakeo ce soir-là. Ce dernier a aussi blessé 2 autres individus dans la fusillade. Mais Drakeo a quand même écopé des accusations mentionnées précédemment alors qu’il n’a jamais ouvert le feu sur qui que ce soit. La police de LA semble vouloir faire de lui un exemple et l’incarcérer à vie sur des suppositions et des mauvais sentiments. Il risque la perpétuité ou la peine de mort.

Selon Drakeo et son équipe, il semblerait que les 2 détectives en charge de l’affaire ont une dent contre lui car ce sont également eux qui avaient dirigé l’enquête à propos de l’affaire judiciaire précédente de Drakeo qui portait sur une possession illégale d’arme à feu. Ils considèrent la Stinc Team comme un gang et veulent à tout prix les boucler. Parmi les autres énormités de cette affaire, notons aussi que l’équipe juridique du procureur a fait perdre son travail à la mère de Drakeo, et que cette même équipe juridique a osé utiliser ses lyrics en guise de preuve dans leur dossier. Les conditions d’emprisonnement de Drakeo sont inhumaines elles aussi: depuis quelques mois il a été placé en isolement, pour littéralement aucune raison valable. Il est constamment enchaîné, laissé à décrépir dans une des pires « cellules » de la tristement célèbre unité K19 de la LA Men’s Central Jail. Son procès débute ENFIN le 2 mars prochain. Espérons que cette mascarade va cesser et que le Ruler sera libéré rapidement. Si vous souhaitez vous documenter plus amplement sur cette affaire, voici un article très intéressant et édifiant dessus.

Toujours est-il que voici HAITI ZOO, une compilation de Kodak Black.

NAV

Que dire sur Nav? En toute honnêteté je préfère m’abstenir de fournir un commentaire extensif sur sa musique dans la mesure où personnellement je n’y adhère pas vraiment. Mais par contre je sais que des connaissances sur Twitter apprécient et que ça peut les intéresser, et aussi parce qu’il y avait matière à faire!

Cela dit, ce sur quoi j’ai envie de dire un mot, c’est sur son « récent » commentaire, dans une itw, selon lequel grosso modo il voudrait vraiment que les paparazzis le remarquent maintenant qu’il a percé et qu’il a eu son petit n°1 au Billboard. A mon sens c’est d’une gravité épouvantable et d’un pathétique de la même échelle d’en venir à sortir ça. Mais je fais pas remarquer ça pour tailler notre Brown Boy spécialement, je pense plutôt que ça reflète vraiment le poids émotionnel relatifs aux attentes qui peut accabler un gros paquet d’artistes. Par exemple ceux qui ont des potes dans l’industrie et qui bénéficient d’office d’un coup de pouce et se retrouvent très vite sous les projecteurs par piston. Ou ceux qui par un gros coup de bol scorent un gros hit, se font signer en major et se font pressuriser et se pressurisent eux-mêmes pour faire du chiffre, percer, buzzer, etc (dernier exemple en date avec Lil Nas X). C’est devenu, je suppose, obsessionnel. Qui plus est, maintenant, les fans ont la possibilité d’atteindre directement l’artiste, via les réseaux sociaux, pour lui faire savoir si ce qu’il fait est bien ou pas. Ils peuvent lui pourrir la gueule sans vergogne, tout comme ils peuvent faire ses louanges bien sûr. 

Et du coup pour en revenir aux propos de Nav, je pense qu’ils sont vraiment symptomatiques du zeitgeist. J’ai pris un petit raccourci mais vous voyez où je veux en venir. Un mec qui en vient à dire ce qu’il a dit, tu sais qu’il est pas bien dans sa tête et tu sais que tout ce jeu le tracasse, voire lui bousille la vie. Parce qu’il essaie à tout prix de faire ce qu’on attend de lui et qu’il se voit trop par le prisme des autres et des charts. Enfin j’imagine. Mais ouais du coup, pensez un peu à la santé mentale de ces artistes avant de leur péter les burnes sur les réseaux sociaux. Et si vous voulez vraiment les critiquer, faites-le de manière constructive autant que faire se peut. Car au final, beaucoup d’entre eux, à défaut de répondre, voient ce que les gens disent d’eux sur les réseaux et ça doit pas être facile au quotidien. Faut aussi considérer que si on en veut toujours plus, parfois on finit par en avoir trop et on regrette.

En tout cas, j’espère que tu vas bien mon petit Nav, et que tu commences à avoir l’esprit tranquille. Félicitations pour ton n°1 avec Bad Habits en 2019. Un jour si dieu le veut tu seras l’une des merveilles du monde. En attendant ce jour, voici NAVRAJMAHAL. 

TRIPPIE REDD

Il en fallait forcément une pour la Triperie Rougeoyante. Le vilain gremlin émo de ce rap jeu. L’ancien buddy de la balance arc-en-ciel. Le hurleur viscéral. La discographie de Trippie Redd est en dents de scie mais il est capable de coups d’éclats vraiment exceptionnels. Seulement le problème c’est que son style est épuisant à écouter. Ses envolées vocales il faut les supporter.

Sur A Love Letter to You 4, s’enquiller les 21 tracks d’un coup relève du prodige. J’espère vraiment que cette tendance au data dumping qui tient au corps l’industrie de la musique finira par s’essouffler à un moment donné. Je veux bien entendre que parfois, lorsque c’est justifié, un album peut dépasser admettons les 20 morceaux. Mais si ça ne l’est pas et qu’on force 3, 4, 5 fillers ou plus seulement pour faire du chiffre en termes de streaming… C’est au final se tirer une balle dans le pied car ça ne fera que gonfler les chiffres de la première semaine: ensuite les auditeurs auront soit la flemme de revenir à l’album soit auront fait leur écrémage eux-mêmes, et il sera plus sévère que celui que l’artiste et son A&R auraient pu (dû) faire en structurant la tracklist et en arrangeant le sequencing. Respectez un peu nos déficits d’attention en puissance!!!

BIG 14 KNOWHUTTHEFUCKGOINON

CITY MORGUE & ZILLAKAMI

Pour celles et ceux qui ne seraient pas familiers avec ces joyeux lurons que sont le trio (et non pas duo) City Morgue, composé donc de Zillakami (Bay Shore, NY) et SosMula (Harlem) aux cris, et Thraxx (Californie) à la production. On peut sans trop prendre de risque qualifier leur son de trap metal, ou punk trap ou n’importe quel autre nom valise qui vous plaît le plus on s’en fout, donc un style de zapping à forte intensité, souvent crié, souvent glauque, sur des prods, vous le devinerez, souvent très énervées et sinistres. Ils ont généré un modeste buzz sur la toile avec leur clip pour 33rd Blakk Glass, dans lequel on peut y voir des individus assez curieux s’enfiler des bonnes poutrasses de coke et carrément se shooter, tandis que les 2 compères agitent gaiement des AK et même un lance-grenade. Forcément que ça a fait le buzz, ça donne envie de faire la fête avec eux tout ça. On comprend clairement que c’est ça leur créneau: la drogue, la violence extrême les flingues, quelques putes, des dirtbikes et des maisons-pièges.

Cette équipe s’est formée en 2017, et auparavant, Zillakami était le meilleur frérot de nul autre que 6ixn9ine. On fait tous des erreurs, l’important c’est de les reconnaître et d’en apprendre. Au moins Zilla ne s’est pas acoquiné avec lui lorsqu’il était empêtré avec les 9 Trey et qu’il a commencé à baver. Et il doit en être sacrément soulagé. Parce que sinon Tekashi n’aurait eu aucun scrupule à chanter contre lui et il aurait fini à l’ombre. God bless. Toujours est-il que Zilla a ghostwrote un paquet des premiers sons de Tekashi. Il lui a aussi prêté du blé et envoyé un paquet de prods, qu’il n’a jamais rendu ni payé, et c’est ça qui fut le point de non-retour et qui provoqua le grand schisme de New-York entre les 2 ex BFFs. Mais Zillakami, loin de s’avouer enflé, s’est vengé en criant sur tous les toits que Snitch9 avait fait des trucs pas nets avec une mineure, la fameuse affaire oui, lors d’une soirée, et qu’il avait des emmerdes judiciaires pour ça. C’est de bonne guerre. Bien fait. Baltringue.

Après ça, Zilla a fait un petit séjour à l’ombre pour une affaire de dope, et en sortant il a rencontré SosMula, avec qui il a de suite sympathisé. Faut dire qu’en voyant leurs clips, on est pas étonnés du tout. Et donc entre 2017 et 2018 ils ont beaucoup bossé, et ont sorti leur 1er EP en août 2018, suivi du 1er album en octobre 2018. Et c’était parti pour la ride infernale. En effet, le créneau sur lequel ils se positionnent leur a rapidement permis de se créer une bonne et loyale fanbase, de leur imagerie et leur esthétique à leur contenu textuel. Il y avait là un fossé à combler dans le paysage rap et ils y ont sauté à pieds joints car visiblement ils adorent tout ce qui relève du funeste et des profondeurs.

Leur second album est sorti en décembre 2019, et s’il y avait déjà eu quelques leaks de leurs travaux au cours des 2 dernières années, il semblerait que l’imminence de sa sortie, puis sa sortie effective, ait provoqué une avalanche. Voici donc les résultats de cette avalanche, sobrement intitulé CITY MORGUE VOL. 1,5: PURGATORY IS LIT. Vous trouverez aussi une compilation solo de Zillakami, nommée elle STRAPS & YOKAIS. Celle de SosMula est dans le pipeline.