YOUNG NUDY

Jeune Nudiste est le nouveau patron de la Zone 6 d’Atlanta. Je suppose que vous vous attendiez sans doute à ce que j’entame cette introduction par le fait qu’il est le cousin de 21 Savage, mais à mon sens cette info, bien qu’elle ait son importance, est vraiment loin d’être celle qu’il faudrait donner en premier lorsqu’on parle de Nudy. J’ai personnellement des réticences à parler d’un artiste sous le prisme de ses relations amicales ou familiales. Je préfère me concentrer sur ce qui constitue son intégrité à lui plutôt que de le définir par qui il connaît et qui pourrait ou aurait pu lui filer un coup de pouce pour se lancer.

Cependant, Nudy comme Savage partagent des passions communes: les flingues et la violence. Mais Nudy, contrairement à Savage, se positionne davantage comme un gangsta, évoquant plus un gros caïd qui malgré sa position hiérarchique n’hésite pas à se salir les mains en sortant l’AK sans numéro de série. Avant de se faire connaître avec sa trilogie des Slimeball, sortis entre 2016 et 2018, et NudyLand, il est avant tout une figure extrêmement respectée à Atlanta, notamment dans le quartier de Bouldercrest, une zone auparavant clamée par nul autre que Gucci Mane. Nudy a d’ailleurs eu quelques mots pour Guwop lorsque ce dernier a réitéré le fait qu’il était le patron du quartier en décembre 2017.

Inepties médiatiques mises à part, Nudy est une figure particulière dans la scène trap d’Atlanta. En effet, il se distingue du reste de par sa voix nasillarde, presque rieuse, même lorsqu’il profère les pires menaces, et son flow relativement détaché, manquant parfois délibérément de cadence. Mais cela ne signifie pour autant pas qu’il n’est pas capable de rebondir sur une prod de Pi’erre Bourne comme elle le mérite, faisant preuve d’une agilité remarquable. C’est ça le paradoxe Young Nudy, et ce qui en fait un rappeur si appréciable.

Une fois n’est pas coutume pour un rappeur d’Atlanta, Nudy a lui aussi fait les frais du phénomènes des leaks, et BIG OLE SLIME ci-dessous a pour devoir de les rassembler.

GUNNA

Le jeune canonnier d’Atlanta est LE protégé de Young Thug parmi tous les autres. C’est le premier petit que la chèvre a aidé à mettre son pied à l’étrier en le signant sur son écurie YSL Records. Il a été présenté à Thug par feu King Troup, une figure très connue à Atlanta, décédé en 2015 des suites d’une fusillade. De par la qualité de son garant, Thug a immédiatement pris Gunna sous son aile, lui offrant un guest verse sur Floyd Mayweather, issu de JEFFERY, ainsi que de nombreux featurings sur les mixtapes du jeune poulain.

C’est grâce à sa série des Drip Season que Gunna s’est construit son buzz, qui a culminé avec le 3ème opus, sorti en février 2018, et la reconnaissance critique des fans. La même année, il s’associe avec son ami Lil Baby, qui rappellons-le a seulement commencé à rapper en 2017, pour la collab tape Drip Harder, qui les a tous deux propulsés au rang de stars.

Depuis, Gunna a scoré avec son premier album, Drip or Drown 2, un n°2 au Billboard, et est aujourd’hui un des rappeurs les plus populaires du moment. Parallèlement, il semblerait que comme beaucoup de rappeurs d’Atlanta, et tout comme son père spirituel Young Thug, il soit également affligé par cette malédiction des leaks. Dans son cas précis, c’est plus que logique: il est en étroite collaboration avec l’artiste duquel cette tendance est partie, et collabore également avec plusieurs des producteurs les plus en vue du moment (Wheezy en tête de gondole bien sûr). De fait, WAVE RUNNER ici présent rassemble tous les leaks de Gunna survenus depuis le début de sa carrière.

BROCKHAMPTON

L’autoproclamé boys band qui a fait beaucoup de vagues ces 3 dernières années. Sa genèse a eu lieu sur le forum américain de fans de Kanye West, Kanye to The, lorsqu’un jeune Kevin Abstract a crée un thread proposant aux internautes de former un groupe et faire de la musique. Le reste appartient à l’histoire, et c’est un très bon cas d’école pour illustrer la musique estampillée millenial: née d’internet, avec une approche entièrement DIY et in-house, peu de budget mais beaucoup d’idées, et une vision artistique et esthétique très nichée.

Au-delà de l’appellation « boys band » que les membres affectionnent particulièrement, en référence à leur appréciation des groupes des années 2000 avec lesquels ils ont grandi, Brockhampton est un collectif de créatifs, comptant en gros une quinzaine de membres. Avant de se lancer dans un run formidable en sortant la trilogie SATURATION en 6 mois puis enchaîner sur un deal avec RCA d’une valeur de 15 millions de dollars pour 6 albums en 3 ans, les rappeurs/chanteurs de Brockhampton ont fait leurs armes en solo. Chacun des vocalistes du groupe compte 3 à 6 morceaux minimum à leur actif, à l’exception de Kevin Abstract, le leader, qui lui a sorti son 1er album solo, MTV1984, en 2014.

Cette compilation ci-dessous est bicéphale. SONGS WE LOST IN THE FIRE rassemble donc tous les morceaux importants de chacun des membres du groupe, tous sortis entre 2014 et 2015, ainsi que 2 posse-cut, DIRT, et surtout BET I, morceau qui a depuis été retiré des plateformes de streaming et d’achat sur la décision de Kevin. Selon lui, le morceau représentait une période trop sombre pour certains des membres du groupe. Mais ce genre de bijou est bien trop précieux pour tomber dans les oubliettes. J’ai également pris la liberté, en plus de ces quelques 25 morceaux, d’ajouter les 27 démos de la trilogie SATURATION qui furent publiées dans le coffret physique de la trilogie, sorti en fin d’année 2017.

THE WEEKND

Abel Tesfaye est d’ores et déjà une légende. L’homme qui a donné un souffle nouveau au R&B à l’aube des années 2010 avec des atmosphères sombres, torturées, sur fond de soirées délurées et de grammes de cocaïnes sur des tables de verre, avec sa Trilogy, n’a certes pas toujours été capable de répliquer la magie novatrice de ses débuts. Il fait partie de ces artistes frappés par la malédiction d’un projet classique dès le début de leur carrière.

Il reste malgré tout une figure énigmatique, vraisemblablement toujours enveloppée de ténèbres, malgré le fait qu’il soit désormais une star mondiale. Chacune de ses sorties est extrêmement attendue. Il a été, à l’instar de Chris Brown, comparé à Michael Jackson, de part ses performances vocales sublimes. Une chose est sûre, c’est un talent à part, qui mérite qu’on lui donne ses fleurs tant qu’il peut les sentir. Parce qu’au final, peu importe s’il ne réussit jamais à atteindre à nouveau le nirvana que fut House of Balloons. Célébrons plutôt le fait qu’il nous ai offert cette oeuvre. Le reste c’est du bonus.

THESE KINDS OF NIGHTS est une compilation regroupant tous les titres du starboy leakés entre 2012 et aujourd’hui. Vous trouverez également THE NOISE EP, un projet de démos qui ont entre autre servi à Drake au début de sa carrière.

MAC MILLER

Que dire? Le jour où Malcolm est mort de son overdose à la cocaïne et au fentanyl, j’ai pleuré, beaucoup, comme beaucoup d’autres fans à travers le monde. Mac a fait ses débuts dans le rap au moment où moi-même je commençais à vraiment plonger dans le genre et écouter tout ce qui bouillonnait aux Etats-Unis. Les Curren$y, Big KRIT, Kendrick Lamar, Dom Kennedy et compagnie. Si parmi ses premières sorties, seuls quelques morceaux m’avaient charmé, c’est après la sortie de Blue Slide Park qu’il a commencé à entamer une transformation artistique (et humaine, il est capital de l’ajouter) en temps réel. Une transformation qui amènera avec elle certes énormément de projets de qualités, mais également des problèmes personnels importants qui auront finalement raison de lui.

Macadelic fut le premier projet de Mac qui me toucha vraiment. C’est une mixtape qui est désormais culte, et qui marque le début de sa transition artistique. Malgré le succès commercial relatif de Blue Slide Park, les critiques envers l’album avaient été assassines, et il s’était énormément remis en question. Ce projet était l’aboutissement de cette remise en question. Ensuite, il est parti sur un enchaînement formidable, allant toujours plus loin dans ses expérimentations, devenant au passage un musicien hors-pair et se nouant des liens d’amitié avec des talents comme Thundercat, Vince Staples ou Flying Lotus. Il s’essaya au jazz, se mit à produire, se créa un alter-ego.

Entre 2012 et 2018, il sortit pas moins de 12 projets, le dernier en date étant le fabuleux Swimming, qui laissait entrevoir une lumière au bout du tunnel pour un artiste torturé par ses démons et essayant de devenir meilleur, tout en combattant une addiction aux drogues dures. Mais il n’eut pas le temps de voir son combat porter ses fruits, puisque le 7 septembre 2018, il trouva la mort chez lui, d’une overdose de cocaïne coupée au fentanyl.

Après ce tragique évènement, le monde du hip hop, qui était déjà endeuillé par la mort de Lil Peep, dans des circonstances similaires, fut secoué à une encore plus grande échelle. L’une des icônes du rap des années 2010 nous avait quitté, après avoir laissé un héritage énorme, et avoir touché tant de coeurs à travers le monde.

Plutôt que de voir cette compilation comme des morceaux volés de manière éhontée, je la considère comme un humble hommage à un artiste que j’aimerai toujours de tout mon coeur, à qui je m’identifierai toujours, et qui m’a plus d’une fois aidé dans des mauvaises passes de ma vie.

Voici donc The Malcolm McCormick Chronicles, une compilation de morceaux unreleased de Mac Miller.

21 SAVAGE

Le premier rappeur d’Atlanta a avoir été adoubé par la reine d’Angleterre, j’ai nommé Vingt et Un Sauvageon. Arborant un joli coutelas entre les deux sourcils, et venant de la fameuse Zone 6 du berceau de la piège musique, Savage, après avoir passé sa vie dans la rue, a décidé de transposer ses traumas personnels et son amour pour les flingues et la violence dans la musique.

S’il a sorti deux mixtapes de très bonne facture mais très DIY, The Slaughter Tape, et Slaughter King, en 2015, c’est Savage Mode, sa collaboration avec Metro Boomin, qui l’a fait connaître au grand public en 2016. Avec son imagerie empruntant à Jason Voorhees et sa tête de psychopathe, il a rapidement fasciné les foules. Il compte de plus parmi les trappeurs à être parvenus à transcender ce statut pour devenir de vraies pop stars. Mais ce n’est pas pour autant que sa musique en a été diluée. Elle pue toujours l’hémoglobine et la poudre à canon.

En conclusion, ci-dessous 8 MILLIONS LATER, de 21 Savage.

YOUNGBOY NEVER BROKE AGAIN

Le Jeune Garçon Plus Jamais Cassé est un pur produit de la rue, un gamin fougueux qui s’est clairement buté à Kevin Gates, Boosie, Young Thug et Lil Wayne toute sa vie, et cela s’entend très clairement. Il est originaire de Bâton-Rouge en Louisiane, et comme ses idoles, il fait montre d’une productivité effrénée. Depuis ses débuts en 2015, il s’est rapidement hissé au rang de star, dominant constamment les charts Youtube, puisqu’il est littéralement l’artiste musical le plus populaire sur cette plateforme. Une montée en flèche fulgurante qui a récemment atteint son apogée avec la sortie d’AI Youngboy 2, qui a fini n°1 au Billboard en première semaine.

Il n’est donc plus question d’ignorer son talent et ses performances. Il est clairement parmi les tous meilleurs de sa génération, et est bien parti pour le rester, si tant est qu’il réussisse à se tenir à l’écart de la prison, à l’inverse de Kodak Black.

Vous trouverez donc ci-dessous STRAIGHT FROM THE BAYOU, une compilation des nombreux titres leakés entre 2016 et aujourd’hui.

YOUNG THUG

A-t-on encore besoin d’introduire la putain de chèvre de ce satané rap jeu des Amériques, Jeffery Lamar Williams? Le rappeur le plus inventif, imprévisible et influent des années 2010? C’est une question rhétorique évidemment. Outre ses innombrables qualités et sa discographie officielle extensive et édifiante, sa carrière a très vite été entachée par un leak énorme, en 2015, à l’époque de Rich Gang, d’une soixantaine de morceaux. Un phénomène assez inédit à l’époque en termes de quantité, qui a depuis quelque peu gangrené ses sorties. A ce jour, d’après mes humbles archives, on peut estimer à une vache près le nombre de morceaux de Young Thug leakés à entre 800 et 1000. Soit plus du double de sa discographie officielle. Aucun autre artiste n’a été autant impacté par le phénomène que lui, et on peut dire que d’un sens, il fut aussi précurseur dans ce domaine. La convoitise à l’égard de ses morceaux est née de 2 choses: la première, sa productivité inouïe. L’homme est capable d’enregistrer 15 morceaux en une journée, une capacité qu’il tient de ce vrai Gucci Mane. La seconde, c’est sa fâcheuse tendance à publier de nombreux snippets de ses morceaux encore coffrés sur les réseaux sociaux, ce qui n’échappe pas à ses avides fans, qui les collectionnent, les écoutent en boucle, et finissent par vouloir à tout prix que tel ou tel morceau sorte, même s’il doit pour cela leaker.

Aujourd’hui, les leaks d’artistes de rap sont monnaie courante, et se monnaient d’ailleurs très souvent. De sombres olibrius mettent la main sur un disque dur contenant des morceaux finis ou pas d’untel artiste, puis les vendent, le plus souvent à des fans se regroupant en groupbuy, et les morceaux finissent par faire surface dans les internet rues.

Ici, vous trouverez donc la plupart des leaks de Young Thug regroupés par année de leak (je précise), taggés proprement et donc iTunes ready.

Préface

Drank Ocean, Eugène Crackomano, Perc Douglas, Slattan Ibrahimovic, Autiste Redding, Luca Brazy, Flex Symbol et j’en passe. Autant de sobriquets à la con simplement pour désigner le ténébreux bootlegger, le satané archiviste normand, l’infâme zippeur.

Parlons peu, parlons bien. Cette plateforme va servir de principal médium de publication à tout le contenu qu’il m’arrive de créer. Donc principalement des compilations de leaks, des liens, des playlists, et divers contenus textuels, selon mes humeurs du moment. Je me suis dit que c’était quand même plus formel qu’un vague thread Twitter. Bonne visite à tous.

PS: YOUNG THUG IS THE FUCKIN GOAT.